Merkel reçoit Macron à l’aube d’une présidence allemande de l’UE à haut risque

Walaa Al-Assrah Mardi 30 Juin 2020-14:50:55 Actualités Internationales
La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron lors d’une visioconférence à Paris et Berlin le 18 mai 2020
La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron lors d’une visioconférence à Paris et Berlin le 18 mai 2020

Angela Merkel a reçu hier lundi Emmanuel Macron à l’aube d’une présidence allemande de l’Union européenne confrontée, avec le coronavirus, à une crise sans précédent dont entend se saisir la chancelière avant de quitter le pouvoir, cite l’AFP. La président français devra quant à lui récupérer après l’échec de son parti dimanche à des élections municipales marquées par une poussée des écologistes. Avant de se rendre à Berlin, Emmanuel Macron a reçu hier lundi à l’Elysée les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), au lendemain de cette déferlante verte.

Il entendait apporter des “réponses fortes” et “à la hauteur des enjeux et des attentes” écologiques des Français. Du “Green Deal” de la Commission européenne au Brexit, en passant par la question migratoire ou les relations avec la Chine et les Etats-Unis, les chantiers ne manqueront pas, à partir du 1er juillet, pour la chancelière.

Elle n’avait plus assuré la présidence tournante de l’UE depuis 2007. Mais c’est l’épidémie de Covid-19 et la crise économique en découlant qui vont constituer la priorité des six prochains mois. “La pandémie de coronavirus a bouleversé notre monde, tout comme les plans de la présidence allemande”, a résumé la chancelière fin mai. “Les premiers réflexes, y compris les nôtres, étaient plutôt nationaux et pas toujours européens”, a admis Mme Merkel, qui entend désormais conjurer “le danger qu’un profond fossé continue de s’élargir en Europe”. Elle mise désormais sur la “solidarité et l’aide mutuelle” entre les 27.

Un virage à 180 degrés de la part de la dirigeante allemande, mise en cause pour son intransigeance à l’égard d’une Grèce proche de la banqueroute en 2011.

La chancelière, critiquée jusqu’ici pour son attachement à l’orthodoxie budgétaire et son extrême prudence sur la scène européenne, pourrait ainsi “se servir de cette présidence pour façonner un héritage”, selon un diplomate européen, évoquant le “chant du cygne” de la chancelière.

Mme Merkel, au pouvoir depuis 15 ans, a prévu en effet de quitter la chancellerie fin 2021. Souvent accusée de manque de courage politique, elle vient pourtant de briser un tabou allemand en matière de solidarité financière en proposant avec M. Macron un plan de relance européen de 500 milliards d’euros.

en relation